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Comment bien choisir son cabinet d'expertise comptable

Huit critères concrets pour choisir un expert-comptable, les questions à poser en rendez-vous, et ce que la loi vous garantit. Par un expert-comptable à Courbevoie.

Par Abdenasseir Bennacer

Choisir un expert-comptable engage votre entreprise pour plusieurs années. C'est pourtant une décision que beaucoup de dirigeants prennent sur une recommandation rapide et un tarif annoncé au téléphone. Voici les points à vérifier, dans l'ordre.

1. Vérifier l'inscription à l'Ordre

C'est le seul critère non négociable. Le titre d'expert-comptable est protégé, et seuls les professionnels inscrits au tableau de l'Ordre peuvent tenir, centraliser, établir et réviser vos comptes.

Cette vérification prend trente secondes dans l'annuaire officiel de l'Ordre des experts-comptables, sur experts-comptables.fr. Vérifiez le nom du professionnel et celui du cabinet : les deux doivent être inscrits.

Cette inscription n'est pas une formalité. Elle signifie que le professionnel est soumis à un code de déontologie, à une obligation de formation continue, à un contrôle qualité périodique, et qu'il engage sa responsabilité sur les comptes qu'il signe. En cas de litige, vous disposez d'un recours devant l'Ordre.

2. Exiger une lettre de mission

Tout cabinet inscrit doit établir une lettre de mission avant de commencer à travailler. Elle décrit le périmètre exact des travaux, les obligations de chacun, la durée et les honoraires.

Si un professionnel vous propose de démarrer sans lettre de mission, c'est un signal à ne pas ignorer.

Lisez le périmètre ligne à ligne. La plupart des malentendus viennent de là : le dirigeant croyait que la paie était comprise, ou que les déclarations de TVA l'étaient. Ce qui n'est pas écrit n'est pas dans le forfait.

3. Savoir qui sera votre interlocuteur

Posez la question directement : qui traitera mon dossier au quotidien, et qui signera mes comptes ?

Dans certaines structures, vous rencontrez un associé lors du premier rendez-vous, puis vous échangez ensuite avec un collaborateur différent chaque année. Ce n'est pas un défaut en soi, mais vous devez le savoir avant de signer, et non le découvrir au premier bilan.

4. Comprendre ce que couvre le forfait

Demandez ce qui est inclus et ce qui sera facturé en plus. Les postes qui font souvent l'objet d'une facturation séparée sont les suivants :

  • les rendez-vous en cours d'année
  • l'établissement d'un prévisionnel ou d'un dossier de financement
  • les démarches juridiques annuelles
  • les déclarations ponctuelles
  • l'assistance en cas de contrôle

Un tarif bas assorti d'une longue liste de suppléments coûte souvent plus cher qu'un forfait complet.

5. Regarder la fréquence des échanges

C'est le point qui différencie le plus les cabinets entre eux.

Certains vous voient une fois par an, au moment du bilan. D'autres prévoient des rendez-vous réguliers pour analyser vos comptes en cours d'exercice.

La question à poser : combien de fois nous verrons-nous dans l'année, et est-ce compris dans le forfait ?

Un bilan remis au printemps porte sur un exercice clos depuis des mois. Il sert à constater, pas à décider. Si vous voulez que vos chiffres vous servent à piloter, il faut les regarder pendant l'année.

6. Vérifier qui possède vos données

Votre comptabilité est hébergée sur un logiciel. Demandez qui en est titulaire.

Si le dossier vit sur la licence du cabinet, une reprise par un autre professionnel passera par une migration. Si le compte est à votre nom et que le cabinet y est simplement rattaché, vous restez maître de vos données.

Les deux options existent et sont légitimes. Ce qui compte, c'est de savoir laquelle vous choisissez.

7. Demander l'attestation d'assurance

Tout cabinet inscrit doit être couvert par une assurance de responsabilité civile professionnelle. Vous pouvez demander l'attestation. Un professionnel sérieux vous la transmettra sans difficulté.

8. Savoir qu'on peut changer

Beaucoup de dirigeants restent des années dans un cabinet qui ne leur convient plus, en pensant que le changement est compliqué ou mal vu.

Le premier réflexe est de relire votre lettre de mission. C'est elle qui fixe la durée de l'engagement, les conditions de reconduction et le délai de préavis à respecter pour y mettre fin. Ces éléments varient d'un cabinet à l'autre : ne partez pas d'une règle générale, partez de votre document.

Le changement est ensuite encadré, et c'est ce qui le rend simple. Le nouveau cabinet doit informer le précédent avant d'accepter la mission, et votre ancien professionnel doit vous restituer les documents qui vous appartiennent.

En pratique, le meilleur moment pour changer reste la clôture de l'exercice, sous réserve du préavis prévu par votre lettre de mission.

Les questions à poser en rendez-vous

Gardez cette liste sous les yeux :

  • Êtes-vous inscrit à l'Ordre, vous et votre cabinet ?
  • Qui traitera mon dossier au quotidien, et qui signera mes comptes ?
  • Que contient exactement le forfait, et qu'est-ce qui sera facturé en plus ?
  • Combien de fois nous verrons-nous dans l'année ?
  • Sur quel logiciel travaillerons-nous, et qui en sera titulaire ?
  • Sous quel délai répondez-vous à une question urgente ?
  • Que se passe-t-il si vous êtes absent de façon prolongée ?

Pour aller plus loin

L'Ordre des experts-comptables met à disposition des guides et des ressources pour les dirigeants sur experts-comptables.fr.

Si vous voulez comparer avec ce que propose le cabinet, les honoraires et le détail des missions sont détaillés sur le site. Pour un échange, contactez-moi.

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